D2 : Où en sont les Olympiennes ? Premier bilan...
Par Philippe Serve
Au tiers du championnat, l’OM féminin occupe une belle seconde place, à 2 pts du leader Nîmes, que les Olympiennes s’apprêtent à aller affronter dimanche. OLYMPIENNES ET MARSEILLAISES, seul site exclusivement dédié aux filles de l’OM, vous propose de faire un premier petit bilan…
L’aventure de la section féminine de l’OM a débuté voici trois ans, le 5 octobre 2011. Une résurrection, après plus d’un quart de siècle de disparition, la dernière apparition d’un OM conjugué au féminin remontant à la saison 1985-86. On le sait, le club avait décidé de tourner le dos à une éventuelle fusion avec le Celtic Marseille (devenu FAMF), alors en DH. Partir avec ses propres forces, de zéro, de tout en bas, du District, autrement dit de la 5e division, voilà le pari… 37 mois plus tard, les Olympiennes sont en D2, ayant avalé trois étages en trois ans. Au bilan, à l’heure de la rédaction de cet article : 77 matchs de championnat, 67 victoires, 6 nuls, 4 défaites, 394 buts pour, 38 contre… Un score moyen de 5-0,5…
Une saison 2014-15 bien entamée…
L’OM féminin a donc débuté sa 4e saison d’existence à un niveau encore supérieur : après le District, la DH challenger (+ élite), la DH (+ Interrégion), voici la D2 dont rêvaient tant Christophe Parra et ses joueuses. Avec toujours les mêmes objectifs : se montrer digne du maillot porté, du nom représenté, de la devise « Droit au but ! » Les Olympiennes connaissent la ligne d’horizon. La D1. L’élite. Le Graal…

À l’instant du coup d’envoi du premier match de la saison à Toulouse, chez l’un des deux gros favoris du groupe (avec Nîmes), quelques certitudes (l’unité du groupe, le plan de jeu, les talents individuels, le mental) et beaucoup d’inconnues. Seules, sept joueuses de l’effectif olympien avaient l’expérience réclamée à ce niveau, et même bien au-delà pour les deux premières : la capitaine Léa Rubio, Caroline Pizzala, Charline Marcilly, Cécilia Vignal, les très jeunes Pauline Cousin (19 ans), Amandine Blanc (18 ans) et Eloïse Vallet (18 ans). Marcilly et Vignal blessées sur les cinq premières journées, Blanc toujours en rééducation, le volume d’expérience préalable n’était pas énorme. Et que l'on pense à la toute jeune Tess Laplacette, titulaire sans discontinuer à... 15 ans !
À la veille de ce premier rendez-vous, Christophe Parra nous confiait : « Nous allons découvrir ce milieu-là, en essayant de nous préparer au mieux pour cette première étape de ce long tour de France de la D2. Et puis nous tirerons les premiers constats… » Alors quels sont-ils, ces premiers constats ? Les chiffres, d’abord :
7 matchs joués, 5 victoires, 1 nul, 1 défaite, 19 buts pour, 9 contre, + 10. Une 2e place (23 pts sur 28), à 2 pts du leader Nîmes, favori du groupe.
Les matchs dans l’ordre chronologique :
1e j : défaite à Toulouse (1-3)
2e j : victoire à Muret (5-0)
3e j : victoire face à Aurillac (4-1)
4e j : victoire à Claix (2-1)
5e j : victoire face à Monteux (3-1)
6e j : nul à Nivolas-Vermelle (2-2)
7e j : victoire face à La Véore-Montoison (2-1)
Soit 3 rencontres à domicile (3 v, 9 bp, 3 bc) et 4 à l’extérieur (2 v, 1 n, 1 d, 10 bp, 6 bc).
Sur ces 7 matchs, l’OM a rencontré un favori majeur à la montée (Toulouse), trois équipes ayant terminé parmi les six premières la saison passée (Claix, Monteux, Aurillac) et une reléguée de D1 (Muret). Autrement dit, un calendrier très difficile…

... et un bilan intermédiaire très positif
Compte tenu de tout ce qui précède, comment ne pas juger ce premier tiers de championnat comme extrêmement positif ? Tout n’a pas été parfait ? Exact. Quelques ratés en cours de match se sont produits, des buts ont été pris alors qu’ils n’auraient pas dû l’être, tandis qu’à l’inverse bien des tentatives olympiennes ont manqué le cadre. L’OM s’est fait parfois très peur : Claix, Nivolas, Véore, avec des remontées et des victoires arrachées dans les dernières secondes…
On peut s’inquiéter que les deux dernières rencontres aient justement été de celles-là, comme on le verra plus loin. Mais on doit aussi se rassurer : quand on est promu et qu’on a la force mentale et technique pour revenir à chaque fois et s’imposer (ou au moins ne pas perdre), on envoie un message clair et fort : cette équipe ne lâche rien, et les points s‘engrangent. On paiera les meilleures musiciennes à la fin du bal et, en attendant, les points d’or garnissent l’escarcelle…
Au soir du 25 mai, lorsque retentira le coup de sifflet final du match OM-Toulouse, 22e et dernière rencontre de la saison, peu importera de savoir si telle victoire fut arrachée avec les dents ou en écrasant tout de la première à la dernière seconde. Nous regarderons le classement. Premières ou pas. Ce sera la seule vérité de l’instant. L’accès à la D1 ou pas.

Faut-il s’inquiéter des deux derniers matchs ?
Le constat qui précède, positif et résolument optimiste, ne doit pas pour autant voiler l’analyse et les légitimes questionnements. Les Olympiennes connaissent-elles un « coup de moins bien » ? Il est indéniable que les deux matchs encadrant la trêve de la Toussaint n’ont guère été rassurants, faisant couler des sueurs froides chez les supporters et, à n’en pas douter, chez l’entraîneur.
À Nivolas, deux buts encaissés dans le premier quart d’heure, et une course poursuite qui se termina sur un nul, l’équipe affichant une fatigue évidente, mais à vrai dire peu surprenante, vu les efforts consentis depuis le début de la saison avec, notamment, ses quatre séances d’entraînement hebdomadaire après de longues journées de travail, lot de toutes les équipes non professionnelles. Et même si l’OM bénéficie de conditions et d’infrastructures optimales, pour ne pas dire exceptionnelles à ce niveau, il n’en reste pas moins que les efforts demandés à répétition finissent par user les organismes. Chaque match est un combat, car l’OM n’est pas affronté comme un promu, mais comme l’équipe à battre. Car c’est l’OM…
Le match de reprise après la trêve s’avéra encore un drôle de scénario. Jouant à domicile (face à La Véore-Montoison), en supériorité numérique après l’expulsion de la gardienne adverse avant même la mi-temps, les Olympiennes se débrouillèrent pour encaisser un but après la pause et courir, encore une fois, après le score. Deux buts dans les dix dernières minutes sauvèrent la maison, une fois de plus…
Les joueuses se voyaient-elles déjà en vacances à Nivolas… et pas encore revenues contre Véore ? Peut-être… L’absence pour blessure de Léa Rubio lors de la première de ces deux rencontres, puis son maintien (par précaution) sur le banc pendant une heure lors de la deuxième furent-ils pour quelque chose dans ces errements ? On aurait bien tendance à le penser. Son entrée tardive contre Véore correspondra au passage d’un 0-1 à 2-1… Les filles commencent-elles à se voir trop belles ? Ce confort environnemental précédemment évoqué les installe-t-il dans un trop-plein d’assurance ? Leur formidable et permanente couverture médiatique par le club — on ne cessera jamais de louer les efforts de celui-ci pour sa section féminine, unique en France aujourd’hui — leur tourne-t-il la tête ? Il est très, très difficile d’y souscrire, quand on connaît le souci de permanente humilité de Christophe Parra, de son staff, et des leaders naturelles de l’équipe, Léa Rubio et Caroline Pizzala...

La pression permanente du résultat (car c’est l’OM !), les dithyrambes lancés aussi vite que les critiques (ça aussi, c’est l’OM…) déstabilisent-ils les jeunes esprits ? Allez savoir… Ou alors, simple coup de mou accusé face à deux adversaires vus comme a priori plus faibles que les précédents ? Cela n’aurait rien de paradoxal. Que l’on se souvienne (et toutes proportions gardées) de l’enchaînement difficile des ogresses lyonnaises l’an passé contre les modestes Yzeure et Rodez (1-0, 2-1)… On l’a oublié, car il ne fut que passager, rapporta quand même les 8 points, et qu’à la fin Lyon fut couronné…
La réponse à toutes ces interrogations sera peut-être — sans doute, même — apportée dimanche prochain… L’OM se déplace à Nîmes, chez le leader, en connaissant les données : une victoire et les Olympiennes passeraient en tête de leur groupe, un véritable exploit. Un nul serait une excellente performance, vu la qualité de l’adversaire. Une défaite, même glorieuse, remettrait les Olympiennes à 5 pts des Gardoises et compliquerait la situation, sans pour autant préjuger de la situation finale au 25 mai...
Trois raisons pour y aller avec l’envie de tout casser, retrouver énergie, détermination, ambition, les marques habituelles de cet OM féminin. Filer à nouveau Droit au but. Croire en leur force et en leur destin, car pour paraphraser l’institutrice et capitaine emblématique Léa Rubio, « Les Olympiennes sont des graines appelées à germer »*.
P.S.
À consulter :
Analyse de la 7e journée de D2 (groupe C).
ITW de Christophe Parra (sept. 2014 – 1ere partie, 2e partie).
ITW de Léa Rubio (sept. 2014 – 1ere partie, 2e partie).
Photos : OM.Net, Philippe Serve, FFF.
© Philippe Serve / olympiennesetmarseillaises.com
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